Cinéma Le Clap, l’Association ROCADE et la Communauté Roumaine de Québec (CRQ) en  Partenariat avec le Centre National de la Cinématographie de Roumanie présentent

 

3ième FESTIVAL DU FILM ROUMAIN À QUÉBEC

(du 16 au 23 avril 2010)


Deux décennies après les événements de décembre 1989, les séquelles laissées par la machine totalitaire dans la mémoire de l’Europe de l’Est nourrissent encore une production cinématographique qui essaient de retrouver l’authenticité de l’être humain et une identité connectée à la réalité du XXIe siècle. Comme le montre, dans ses textes, l’écrivaine allemande d’origine roumaine, Herta Müller, récemment récompensée par le prix Nobel en littérature, cette recherche de soi continuera tant que la vérité sur l'histoire avant et après 1989 ne soit pas connue. Entre trauma et mensonge, espoir et obstination de découvrir la vérité, ils sont nombreux les cinéastes et aussi les scénaristes qui ont marqué ces vingt ans de questionnements et de réflexions, à travers un travail de mémoire qui reconfigure en permanence le trauma du passé, de même que les blessures du présent. Les sujets suivants sont abordés dans les films proposes pour cette édition du FESTIVAL DU FILM ROUMAIN À QUÉBEC 2010: nouvelles réalités et nouveaux mythes de l'Europe de l'Est postcommuniste, images de la révolution roumaine au cinéma, „Altérités de l’Europe”, la farce de l'histoire, l'approche comique de l'ère communiste et postcommuniste en Roumanie, la transition postcommuniste, les identités marginales, les exilés. (Simona Hodos, directrice du Festival)

1.    LE CHÊNE / Balanţa (Sélection officielle Festival de Cannes, 1992)

 

France-Roumanie, 1992, 95 minutes, S.T. français, DVD

Réalisateur : Lucian Pintilie

Interprètes: Maia Morgenstern, Razvan Vasilescu, Victor Rebengiuc, Dorel Visan, Ion Pavlescu, Mariana Mihut, Gheorghe Visu, Dan Condurache, Virgil Andriescu, Leopoldina Balanuta.

 

Le Chêne, un film d’auteur du voyage initiatique et intérieur d'une enseignante roumaine: 1988 à Bucarest, avant la chute du régime de Ceaucescu. Nela (Maïa Morgenstern, l’actrice roumaine qui incarne Marie dans « La Passion du Christ » de Mel Gibson), fille d'un colonel de la Securitate, vient de perdre son père, une ancienne huile du Parti, qui est tombé en disgrâce avant de sombrer dans la maladie. Insoumise, pleine d'optimisme, elle y rencontre Mitica (Razvan Vasilescu, acteur roumain très connu dans son pays), médecin à l’hôpital qui, comme elle, ne croit plus en Dieu ni en l’homme et qui partage ses rêves et son humour salvateur. Mais le couple dérange… Elle décide de quitter la capitale pour enseigner dans une petite ville de province. Plus que jamais Lucian Pintilie développe un regard critique sur son pays et s’interroge sur la manière dont un peuple peut vivre dans un monde apocalyptique. « Lucian Pintilie signe avec ce Chêne l'un de ses plus beaux films, parabole désabusée sur la situation chaotique de la Roumanie d'avant et d'après Ceaucescu. Un film terrible et dur, rempli de citations lugubres ("C'est pas les cadavres qui nous manquent, c'est les réfrigérateurs!") mais aussi de beaucoup d'humour, d'un humour très noir et libérateur, celui de ces deux amoureux qui croient tout de même en l'avenir auprès de ce chêne, véritable métaphore de ce que pourrait être la Roumanie de demain : l'espoir d'un renouveau ». - David Rault

 

Lucian Pintilie : Né le 9 novembre 1933 en Roumanie, diplômé de l’Institut d’Art Cinématographique et Théâtral de Bucarest, Lucian Pintilie réalise entre 1956 et 1965 plusieurs reportages pour la télévision roumaine, tout en montant divers pièces classiques et contemporaines. En 1966, il tourne son premier film, Dimanche à six heures, l'histoire de deux jeunes amoureux combattant le régime fasciste dans la Roumanie de 1940, avec lequel il gagne le Grand Prix du Jury International de la Jeunesse au Festival de Cannes de 1966. Trois ans plus tard, il met en scène La Reconstitution, une satire sociale très noire interdite pendant près de deux ans en Roumanie. Avec la présentation de ce film en 1969 à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes, Pintilie devient la figure principale de la naissance tardive du cinéma roumain. Suite à l'interdiction de La Reconstitution dans son pays natale, il fuit le régime de Ceausescu et s'exile en France pour presque 20 ans. En 1974, à Paris, il met en scène, entre autres, l'opéra Turandot au Théâtre de Chaillot, avec Andréa Ferréol, puis, au Théâtre de la Ville, des pièces de Tchekhov, Ionesco, Gorki, Ibsen, Pirandello, Strindberg. Revenu en Roumanie en 1992, il signe Le Chêne (Sélection officielle Festival de Cannes 1992), un film autour du voyage initiatique et intérieur d'une enseignante de Bucarest à mi-chemin entre l'univers de Federico Fellini et celui de Emir Kusturica.

Revenu en Roumanie en 1992, après son exil, il tourne Le Chêne (Sélection officielle Festival de Cannes 1992), un film d’autour du voyage initiatique et intérieur d'une enseignante de Bucarest. Metteur en scène très engagé, Pintilie parvient en 1994 à faire à la fois une chronique intimiste et une fable antimilitariste avec Un été inoubliable (Sélection officielle, Festival de Cannes 1994), avec Kristin Scott Thomas dans le rôle titre. En 1996, il met en scène Trop tard (Sélection officielle, Festival de Cannes 1996), puis Terminus Paradis (1998), l'histoire d'une tragique passion amoureuse entre une serveuse et un jeune militaire, récompensée du Prix Spécial du Jury au Festival de Venise en 1998. En 2001, Lucian Pintilie réalise L’après-midi d’un tortionnaire (2001), le récit d'un ex-tortionnaire de prisons communistes qui avoue ses crimes à une journaliste débutante, en compétition officielle au Festival de Venise 2001. Deux ans plus tard, le metteur en scène retrouve un ton satyrique pour Niki et Flo (2003), présenté lors de la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2003. En 2006, il réalise Tertium Non Datur (2006), ayant la première canadienne à Montréal au cadre de l’EUROf EST 2007.  Régulièrement sélectionnés au Festival de Cannes, ses films peuvent être considérés toujours comme un échantillon représentatif de la culture roumaine et, quand même, européenne.

 

 

2.   LA RECONSTITUTION/ Reconstituirea (Sélection officielle Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes, 1969)

 

Roumanie, 1968, 100 minutes, S.T. français, DVD

Réalisateur : Lucian Pintilie

Interprètes: George Constantin, Emil Botta, George Mihaita, Vladimir Gaitan, Ernest Maftei.

 

Après avoir occasionné de sérieux dégâts suite à une bagarre, deux lycées reçoivent comme punition de reconstituer leur action devant une caméra afin de réaliser un film éducatif. Sous la demande des autorités, les deux reconstituent une banale bagarre à des fins de propagande communiste, devant la caméra. La démonstration tourne au drame...

 

Quelque part entre Fellini le Romain et Kusturica le Bosniaque, Pintilie le Roumain nous propose une œuvre à la fois poétique et politique qui le range à côté de cinéastes de la trempe d'Angelopoulos, de Jancso ou de Wajda. Toujours noir, pessimiste, cinglant, il semble cependant vouloir se détacher quelque peu de la lourdeur tragique du Chêne, laissant pointer çà et là un humour étonnamment léger et qu'on ressent comme une brise rafraîchissante. Un nom peu connu à Québec, mais reconnu en France et pourtant très présent, car les films de Pintilie étaient régulièrement sélectionnés au Festival de Cannes, et ils ont, pour beaucoup, été co-produits par la France.

 

Lucian Pintilie : Il devient en 1970, avec la présentation de La Reconstitution à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes, la figure principale de la naissance tardive du cinéma roumain. Le film fut présenté à Montréal en 2007 au cadre d’ EUROf EST– Le Festival de l’Europe de l’Est à l’occasion de la rétrospective Lucia Pintilie. Suite à l’interdiction de ce film dans son pays natale, il s’exile en France pour presque 20 ans.  En 1974, à Paris, il met en scène, entre autres, l’opéra Turandot au Théâtre de Chaillot, avec Andréa Ferréol, puis, au Théâtre de la Ville, des pièces de Tchekhov, Ionesco, Gorki, Ibsen, Pirandello, Strindberg. 

 

 


 

3.   LA FAMILLE DE MOROMETE/Moromeţii

 

Roumanie, 1987, 142 minutes, S.T. français, DVD

Réalisateur : Stere Gulea

Interprètes: Victor Rebengiuc, Luminita Gheorghiu, Mitica Popescu, Dorel Visan, Florin Zamfirescu, Gina Patrichi.

Ce film réalisé en 1987 par Stere Gulea transpose à l’écran le roman d’exception du même nom, écrit par le bien connu écrivain roumain Marin Preda. Il reconstitue la vie de la fascinante et conflictuelle famille paysanne roumaine, à la fin d’une époque. Vivante et tragique à la fois, l’interprétation cinématographique de Stere Gulea garde l’essentiel de la vision de l’auteur. Nous devenons tous les témoins des secrets, joies et tristesses d’un monde maintenant anéanti par le choc de la collectivisation : Silistea Gumesti, un petit village dans la plaine, avec une emphase sur la famille Moromete, la famille symbole de toute une époque.   « Ce film est un phénomène cinématographique unique. Les personnages de Stere Gulea nous amènent l’aura absolument spéciale des paysans vivant dans le sud de la Roumanie, une humanité que l’on peut détecter subtilement seulement par contact direct, en tête-à-tête, dans leur propre habitat. De longues silences mélancoliques, suivis par des excès de impolitesse spontanée et ensuite par encore un moment de silence - les signes uniques d’une sous-espèce humaine cachée comme une noix dans sa coquille, peinte maintenant dans les couleurs tristes d’un coucher de soleil. » - Alin Ionescu, le journal «Le Quotidien/Cotidianul».

Stere Gulea: Né le 2 août 1943 en Roumanie, réalisateur, scénariste, professeur, une personnalité forte impliqué dans la vie publique de son pays. Après la chute du Ceausescu, il a été le président de la Télévision Nationale, a été le doyen de la faculté de cinéma, le directeur générale du Centre National de la Cinémagtographie, représentant d’Eurimage etc. Malgré tout, il a realize des films très importantes dans le cinema roumain, tel que ce chef d’oeuvre, La Famille de Moromete.

4.   REGARDE EN AVANT FURIEUSEMENT (LOOK AHEAD WITH ANGER)/ Priveşte înainte cu mânie

 

Roumanie, 1993, 93 minutes, S.T. français, DVD

Réalisateur: Nicolae Margineanu

Interprètes: Remus Margineanu, Gheorghe Dinica, Cristian Iacob, Luminita Gheorghiu, Ion Haiduc, Virgil Andriescu, Carmen Trocan.

 

Après une révolution sanglante en décembre 1989, la Roumanie découvre lentement que les vieux apparatchiks communistes ont toujours la puissance et ils deviennent les nouveaux capitalistes. Les dissidents du vieux régime deviennent des dissidents dans la nouvelle société, se demandant si leur sacrifice était en vain. La transition sans fin affecte un ouvrier non-conformiste et sa famille en beaucoup de mauvaises manières.

 

Nicolae Margineanu : Né en 1938 à Cluj, Roumanie. Il a terminé en 1968 l’IATC Bucarest en tant qu'opérateur de film et a signé la cinématographie de 9 longs métrages roumains. À partir de 1978, Nicolae Margineanu commence la direction de film et fait quelques films très appréciés pour leur beauté plastique et la rigueur directoriale, particulièrement des traductions filmiques des travaux littéraires signées par Roumains classiques: Ion Agarbiceanu, Ioan Slavici, Vasile Voiculescu. La biographie du peintre roumain "Stefan Luchian" (1981) a gagné le prix au festival international de film de Karlovy Vary. Après 1989, Margineanu, fils d'un prisonnier politique, réalise deux forts films anti-communistes: "Quelque part dans l'Est" (1991) et "Bénissez-vous, prison" (2003).

 

5.   LE PLUS AIMÉ DES MORTELS / Cel mai iubit dintre pământeni

 

Roumanie, 1993, 129 minutes, S.T. français, DVD

Réalisateur: Serban Marinescu

Interprètes: Stefan Iordache, Gheorghe Dinica, Dorel Visan, Maia Morgenstern, Tora Vasilescu, Mircea Albulescu, Valentin Uritescu, Victor Rebengiuc

 

Dans cette traduction filmique du roman bien aimé de l'auteur roumain Marin Preda, un best-seller énorme de l'ère communiste dans l'espace roumain, le directeur Serban Marinescu choit de durcir les aspects politiques de l'histoire et de réduire au minimum les savoureuses liaisons amoureuses présentes dans le roman. Toute une vie d’un homme est ruinée pour absolument aucune raison. Une erreur stupide devient une métaphore de l'absurdité du système communiste. Le film met en évidence la faiblesse de l'homme instruit devant la force brutale.

 

Serban Marinescu : Né en 1956, il est un réalisateur et scénariste roumain dont la filmographie inclut Album de famille (2004), La tour de Pise (2002), Ceux qui payent avec leur vie (1991), Le moulin de Califar (1984). Son dernier film, Les Bâtards, sorti en 2007, a connu un grand succès auprès du public roumain.

 

6.   PHILANTHROPIE/ Filantropica

 

Roumanie, 2002, 100 minutes, S.T. français, DVD

Réalisateur: Nae Caranfil  

Interprètes: Mircea Diaconu, Gheorghe Dinica, Florin Zamfirescu, Mara Nicolescu, Viorica Voda.

 

Drame ou comédie? La descente en enfer d’un professeur de lycée, sur un fond d’humour noir. Attiré par une fille trop jeune et trop coquette, l’antihéros essaie d’augmenter ses revenus, se mêlant dans les fils de la mafia urbaine, à tel point qu’il n’arrive plus à s’en sortir.

 

Nae Caranfil : Né en 1960, Bucarest, directeur et scénariste roumain de film, Nae Caranfil a étudié à l'Institut de théâtre et film (IATC) à Bucarest, qu'il a reçue un diplôme en 1984. Il est le fils de l'historien et du critique de film roumain important Tudor Caranfil. Dans le commencement de sa carrière il a dirigé seulement les films courts: Venise en septembre (1983), Trente ans d'Insomnia (1984) et À l'arrière plan (1988). Caranfil fait son début en long metrage avec E Pericoloso Sporgersi (1993) et continue avec la comédie Asfalt tango (1996) (avec Charlotte Rampling) et Dolce far niente (1998). Son film Filantropica (2002) a été un succès critique et a attiré beaucoup de popularité pour Caranfil. Certains considèrent Nae Caranfil comme étant le meilleur directeur roumain des années 90. Nae Caranfil a écrit le scénario pour tous ses films et a travaillé sur la musique pour les deux premiers d'entre eux. Nae Caranfil est actuellement également professeur à l'Université Nationale de à l'Art Théâtral et Cinématographique (UNATC) à Bucarest. Son dernier film, Le  Reste est Silence, sorti en 2008, a connu un grand succès auprès du public à l'international.

 

 

7.   LE PÉRIPLE DE GRUBER / Călătoria lui Gruber

 

Roumanie, 2007, 96 minutes, S.T. français, DVD

Réalisateur: Radu Gabrea

Interprètes: Florin Piersic Jr., Claudiu Bleont, Marcel Iures, Udo Schenk, Razvan Vasilescu.

 

Le périple de Gruber est une comédie tragique, absorbante qui se concentre sur les essais de la recherche du journaliste italien de guerre Curzio Malaparte par Josef Gruber, un docteur juif, dans Iassy (la Roumanie) pendant la Deuxième guerre mondiale. Curzio espère que le docteur aidera à guérir son allergie sévère, mais personne ne sait apparemment où il est.

Radu Gabrea : Né en 1937 à Bucarest, en Roumanie, il est un metteur en scène de film, un auteur de scripte et un producteur roumain et allemand. Sa filmographie inclut: Prea mic pentru un razboi atat de mare (1969), Dincolo de nisipuri (1973), Ein Man wie Ewa (1984), Rosenemil (1992). Sa thése de doctorat traite le sujet «Werner Herzog et la mystique rhénane».

 

 

8.   SÉQUENCES/Secvenţe

 

Roumanie, 1982, 90 minutes, S.T. français, DVD

Réalisateur: Alexandru Tatos

Interprètes: Geo Barton, Mircea Diaconu, Emilia Dobrin, Dragos Pîslaru, Alexandru Tatos.

 

Une histoire émouvante composée par trios séquences indépendantes, qui décrivent les événements sur un plateau de tournage, des petites joies et des grandes douleurs dans un pays où la création doit suivre l’idéologie communiste.

 

Alexandru Tatos : Né en 1937 en Roumanie et il est mort en 1990, quelques semaines juste après la chute du communiste dans son pays. Sa personnalité artistique a marqué le cinéma roumain par des films sophistiques tel que cette vision remarquable, pirandellienne de Séquences. Malheureusement, nous ne savons jamais comment serait-il son cinéma après les années 90!